Après ces nombreuses années de passion et d’écoutes en divers endroits chez d’autres passionnés, j’effectue, quand le temps que me laisse mon activité pro, certains déplacements pour aller visiter des installations prometteuses à l’écoute chez d’autres forumeurs passionnés.

Je tiens à m’excuser auprès d’Olivier pour le retard prix à écrire ce CR, je l’avais écrit une première fois et une fausse manipulation a corrompu le fichier Word que je n’ai jamais pu ouvrir à nouveau, il m’a donc fallu me motiver à nouveau pour tout recommencer… et dégager à nouveau un peu de temps pour le faire.

J’aime la technique de l’audio et ces déplacements sont souvent enrichissant et permettent à chaque fois d’affiner les théories sur les systèmes, sur leurs mises en œuvre et sur l’adéquation du système pièce / enceinte.

C’est aussi et surtout l’occasion de rencontrer d’autres passionnés (pour ne pas dire très passionné) … de passer un bon moment à partager cette passion, de voir et comprendre comment font les autres, parfois de se remettre en question… on en ressort toujours plus riche de l’expérience des autres.

Me voici en Belgique, dans un village à proximité de Bruxelles, pour rencontrer Olivier, Il m’attend à l’entrée de sa maison de ville, dont la façade donnant sur la rue ne laisse rien entrevoir de ce qui se cache derrière.

Le parcours d’Olivier dans l’univers de la haute-fidélité, c’est quelque chose, il est aujourd’hui senior, avec l’expérience d’une vie entière dédiée à cette passion, avec un raisonnement et une évolution très intelligente de son installation.

Vous vous doutez que je n’allais pas faire tant de kilomètres pour rien !

Avant de venir, d’autres mon briffé, « tu vas entendre quelque chose que tu n’as jamais entendu, tu ne t’en remettras pas » ou encore « tant que tu n’as pas écouté l’installation d’Olivier, tu n’as pas entendu le graal… »

Bon et bien j’ai déjà entendu quelques bons systèmes dans des pièces dédiées, parmi les meilleurs même, donc je ne devrais pas avoir non plus trop de surprise me dis-je.

Le matériel mis en œuvre est correct, l’approche surprenante au premier regard, mais la pièce propose un volume énorme, avec un toit sous pente, j’avoue que ce sont surtout les commentaires qui m’ont motivé à venir, ainsi que la simplicité d’Olivier devant le montage « full DIY » de son installation en pièce dédié.

Le système… Olivier à tout construit, les enceintes sont à la base des Voix du Théâtre, enfin de ce qu’il en reste, la caisse a été découpée et est aujourd’hui ouverte, sans face arrière…

Cette caisse pavillonnée reçoit un Altec 515, on est pas impressionné par la finition, ce n’est pas ici ce qui nous intéresse.

Posés sur ces caisses, se trouve un pavillon multi cellulaire des plus impressionnant, il compte 12 cellules, il est motorisé par une compression TAD 4001, considérée comme l’une des meilleurs 2 pouces existante, si ce n’est la meilleure.

Le haut grave-médium et l’aigu seront donc bien défendu par ces couples, entièrement pavillonnés.

A 2 mètre derrière les principales, se trouve 2 caissons de grave pas enceinte, avec des grosses gamelles de 18 pouces dans des caisses BR volumineuses, c’est le minimum compte tenu du volume de la pièce.

Au fond de cette pièce, justement, Olivier a installé un petit atelier d’électronique, l’une de ses passions… c’est ici qu’il a fabriqué ses amplis, tous sont à tubes et semblent montés avec beaucoup de connaissances et d’attention.

En 2018, c’est un matériel qui semble sorti d’une autre époque et n’étant ni électronicien, ni spécialiste des amplis à tubes, je ne pourrais pas décrire avec précision les détails de ces amplis, nous allons donc écouter un couple ampli / enceintes / pièce prometteur.

Côté filtrage, je suis plus à l’aise puisque 2 DCX avec tweak Selectronic servent à paramétrer l’ensemble du système, ils sont attaqués en numérique et servent donc aussi de DAC, je retrouve donc de vieux réflexes en les manipulant pour regarder comment est fait le filtrage et voir la nature des EQ et des alignements entre voies.

Un atténuateur à résistances commutées 6 voies (un Goldpoint ?) permet d’effectuer le contrôle de volume, permettant à la source d’attaquer toujours au niveau maximal les DCX pour s’assurer d’une résolution numérique toujours maximale.

La source est un simple ordinateur, avec une carte son à sortie numérique évidement.

La surprise se trouve quand même du côté des HP et des caisses, une VOT découpé, ce n’est pas banal, il y a une grosse modification de la charge arrière, car c’est une charge arrière ouverte et nous verrons tout à l’heure si les conclusions de ce montage sont bénéfiques ou pas.

Les amplis à lampes sont chauds car Olivier m’attendait, ils sont posé au sol, avec la foret de câble qui va avec, les blocs amplificateurs sont séparés des blocs d’alim dédiés, c’est assez impressionnant.

Les caissons de grave sont eux, alimentés par 2 modules Hypex, d’une puissance juste suffisante pour attaquer les 18 pouces.

Je suis prêt pour m’installer dans l’un des sièges rangés en ligne, dans l’axe précis des enceintes, Olivier se mets au poste de pilotage et m’envoie un premier morceau…

Ce n’est pas un morceau de musique, c’est une claque !

Je ne dis rien, j’écoute, Oliver voit mon sourire, il sait ce que j’entends…

Cette installation spacialise le son, ça vient de partout !

L’espace est rempli autour de moi sans que je ne sache d’où cela vient, je n’ai pas en face de moi la voie de droite et la voie de gauche, j’ai l’impressions d’avoir 20 enceintes qui m’entourent !

La stéréo est décuplée et lorsque l’enregistrement propose des instruments dont le mixage est à 100% sur le canal droit, le son vient de l’enceinte, mais aussi…du côté de l’enceinte.

La focalisation est fabuleuse mais spatiale, a tel point que je me pose même la question d’un effet électronique, évidemment, il n’en est rien !

Olivier enchaine avec un deuxième puis un troisième morceau, ce ne sont pas des effets sur les enregistrements, c’est le système qui restitue dans la pièce cet effet particulier.

Un coup de clé USB et mes quelques morceaux de références sont à l’écoute, le Félenko Yéfé de Momo Wandel Soumah (album Afro Swing) joue devant moi, enfin, autour de moi, lorsque Momo sort son SAX, tout y est, les attaques, la pureté, le SAX rempli la pièce, l’effet est global, envoutant… gloupsss

Je sélectionne ensuite des morceaux plus pop, l’installation est moins à son aise car l’assise dans le grave n’y est pas et l’installation ne propose pas d’infra grave, c’est principalement une installation faite pour son propriétaire qui écoute du classique, des instruments à vent ou à cordes !

Je joue un peu avec les EQ et les filtres, puis rapidement avec la position des SUB pour améliorer les choses dans le bas grave, mais le volume de la pièce demanderait des HP plus modernes, avec une amplification adaptée, mais est-ce bien utile à mon hôte qui n’écoute pas de morceaux avec un fort niveau dans l’infra ?

Le grave est présent, sans doute avec une pente descendante, mais il est là.

On en revient vite à ce que cette installation propose, une grande écoute sur de la belle musique et j’apprécie encore… l’enveloppement, la spatialisation extraordinaire de ce système…

Ma passion pour la technique de l’audio allume, depuis les premières secondes de cette écoute, des voyants d’alertes de toutes les couleurs, avec des tonnes de questions sur les raisons de cette incroyable spatialisation…

Ca vient d’où ?

Est-ce les Altec en caisse VOT sans les fonds arrières, dont le rayonnement arrière excite les zones arrières de l’enceinte ?

Est-ce les pavillons multicellulaires à grand angles d’ouvertures H et V ?

Est-ce la pièce, ses formes en pente sous voute, cumulés à un volume énorme et à un montage souple des différents isolants ?

Et bien, je n’en sais rien, peut-être à un peu tout cela en même temps, c’est l’alchimie de tous ces ingrédients qui font ce son.

J’évoquerai plus tard la question avec d’autres passionnés, il semblerait probable que la spatialisation soit due à des effets de pièces, cumulé a un placement très judicieux de la zone d’écoute et des enceintes, loin des murs, cumulé à une directivité très large des enceintes.

Le pavillon multicellulaire fait clairement merveille dans ces gros volumes, loin des premières cloisons, les réflexions sont donc tardives.

Cette installation serait donc le meilleur exemple qui soit de ce que doit être un positionnement dans la pièce, loin des cloisons, avec la chance inouïe d’un volume global énorme qui évite des modes stationnaires, que ne nous entendons pas ou peu, la pièce étant probablement de par ses dimensions, en dehors d’un régime modal établis, car elle se trouve déjà probablement au-dessus de la fréquence de Schroeder.

Je ne sais pas quel est l’effet exact des VOT ouvertes, je ne peux que constater le succès global de ce magnifique ensemble même si comprendre plus en détail les effets acoustiques jusque-là inconnus pour moi.

Merci à Olivier et à son épouse de m’avoir reçus chez eux, ils en on profité pour me faire découvrir le petit restaurent Italien du quartier, très agréable !

J’ai découvert lors de ces écoutes, la plus belle spatialisation connue à ce jour.

Ce type de spatialisation est-elle possible avec un montage InWall par exemple ?

L’effet pourrait-il être aussi optimal sans le retour de l’onde arrière ? Le débat est ouvert…

L’écoute chez Olivier m’a fait prendre conscience de l’importance vitale de l’interaction de la directivité des enceintes avec la pièce, avec pour conséquence de changer mes pavillons pour des pavillons à ouvertures ultra-large, des Arai 290.

L’envie de tester des multicellulaires, dont l’ouverture en V est importante, m’intéresserait aussi beaucoup.

Si vous avez la possibilité de vous déplacer jusqu’à Bruxelles et si Olivier vous invite, foncez et ne ratez pas cette expérience.

 

 

 

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