J’ai découvert samedi dernier l’installation de Igor, qui m’avait invité à venir découvrir son installation lors de sa visite pour l’écoute de mon installation à Paris.

Certains se posent la question de la dénomination de « studio de Briare ».

Plutôt que d’investir dans un studio uniquement dédié au contrôle d’enregistrements sonores, Igor a eu l’idée d’adapter une partie de sa maison à cet effet.

A l’étage, se trouve une pièce qui fait office de Cabine de Montage, le traitement acoustique y est bon, avec un mixte d’épaisseurs de laine de roche sur les murs, couvert d’un isolant phonique puis d’un tissus transonore du plus bel effet sur les murs.

Cette pièce fait 120 m3 avec une hauteur sous plafonds variant entre 2,60 m et 4,80 m.

Les enceintes dédiées au montage sont des petites Infinity 0,1, perchées sur des petits socles fabriqués sur mesure.

On l’a compris, Igor est ingénieur du son.
Il est spécialisé dans la prise de son de musique classique et son travail est reconnue dans ce domaine par les plus grands spécialistes.
Igor à, a son actif, une carrière entière de preneur de son.

Il se déplace dans toute l’Europe, et plus loin encore pour son métier qui est aussi sa passion.

En dessous de cette petite pièce, se trouve ce qui s’apparente à un salon, dont la fonction est double.
Ce salon sert aussi de studio de contrôle pour les prises de son.
D’où L’appellation « studio de Briare » qui n’est en rien usurpée.

Le salon de cette maison à l’architecture moderne, est un salon caméléon… tantôt docile et accueillant pour recevoir, tout en ayant des propriétés acoustiques dont les plus aguerris sentirons immédiatement les effets, sans avoir à être très attentif, car ici, tout est traité et le TR (temps de réverbération des ondes sonores) et assez bas, au environ de 20 (RT60).

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Le salon se transforme d’un état « salon de réception », en un studio d’écoute, en seulement quelques instants, à l’aide de rideaux à 6 épaisseurs d’amortissant à feuille d’aluminium (au niveaux des fenêtres).

Il peut même se transformer en une salle HC par la fermeture d’énormes volets roulants électriques télécommandés.

Cette pièce qui sert donc principalement de « contrôle room » et est équipé d’enceintes de Studio réputées et parfaitement étalonné, capable de contrôler et de finaliser les prises de son.

L’invité non initié comprendra dès son arrivée dans cette pièce, la passion qu’a son hôte pour la musique, la paire de Yamaha NS-1000x trônant devant le canapé… n’étant pas particulièrement discrète.
Elles sont juchées sur une magnifique paire de pieds en acier plombé, spécialement réalisé sur mesure pour ces NS-1000x.

Ce salon caméléon est entièrement traité sur les murs et au plafond, mais c’est très discret.

En entrant dans cette pièce, dès les premières secondes, mon attention toute particulière pour l’acoustique à tout de suite détecté la supercherie du salon qui cache son jeu.

Je savais que c’était traité, donc ce n’était pas une surprise, mais je n’imaginais pas trouver une pièce aussi favorable, avec un TR60 bas, sans tomber dans les stéréotypes de la pièce trop amortie.

Selon la méthode de mesure MMM de J Luc OHL, le TR de cette pièce est de 0,18.
C’est une valeur qui dépends d’un protocole de mesure simple et particulièrement agréable à mettre en œuvre, dont le résultat diffère assez peu d’un TR60 mesuré de façon traditionnel avec micro multi-tête dédié.

La pièce est bien absorbante dans afficher une matité trop prononcée, c’est agréable d’y parler, mais dès que l’on ouvre la porte qui donne accès à la cuisine, on revient dans un environnement acoustique normal et on a l’impression qu’il y a de l’écho, il n’en est rien, la cuisine est classique, c’est juste le contraste avec l’acoustique du salon qui demande un petit temps d’adaptation.

Pour un amateur de Hifi à la recherche de l’ultime, et dans ces conditions acoustiques, il est facile de deviner les possibilités d’une telle pièce en terme de qualité finale d’une écoute.

Cette pièce mettrait en valeur à peu près n’importe quel système déjà qualitatif s’il était convenablement mis en œuvre et bien calibré.
Il faut se rendre compte d’une chose lorsque le TR d’une pièce descend à ce point, le son est absorbé et dans cette pièce, c’est environ 3 à 4dB en moins…
La source sonore du système sera sollicitée d’autant pour trouver un niveau SPL équivalent à une pièce dont la matité serait normale.

Le traitement consiste en la pose, sur les murs et plafonds, de laine de roches et de feutres acoustiques, placés derrière un tissus transonore beige, du meilleur effet.

Le tissu est tendu à la façon tenture.
La pose, d’une grande qualité, a été faite par un tapisseur professionnel !
La finition est parfaite, et au-delà d’un mètre de distance du mur, on ne voit pas le traitement, on y prête d’ailleurs pas attention.

L’installation :

L’installation HiFi d’Igor est comme toute les grosses installations de passionnés, en mutation permanente.
Depuis 2 mois, Igor tente de rajouter 2 SUB au grosses Yamaha de studio.

La tentative d’ajout par le passé dans une autre salle (le studio d’Eaubone), d’un caisson de type Vélodyne DD15 ne fut pas un franc succès.
Refroidi par cet échec, Igor avait préféré faire fonctionner les NS-1000x sans rajouts aucun, quitte à se priver du bas du spectre, mais en conservant les qualités extraordinaires de ces enceintes de légendes, sans autre fioritures.

Dans cette nouvelle salle d’écoule, le volume important repousse un peu les résonnances car les longues fréquences mettent plus de temps à rencontrer les obstacles, le régime modal est donc plus modéré, ceci facilite sans doute l’intégration de 2 caissons dans les infras sont plus amortis.

Le rajout d’un seul caisson est quelque chose de périeux, la sommation avec les enceintes principales est toujours un problème.
Avec 2 caissons, c’est plus simple, les canaux droite et gauche reçoivent leurs propres renforcements de sous grave et finalement, ce que l’on appel des caissons, portent plutôt l’appellation d’une voie complémentaire, puisque les 3 voies des NS-1000x sont désormais complétées par la voie de SUB et que le choix a été fait de filtrer par « passe haut » le 30 cm carbone des Yamaha.

L’intégration n’est pas terminée et les essais d’écoute sont mesurés puis analysés afin de tirer les conclusions des nouveaux tests.
Ceci a défini le choix de couper le bas du spectre les HP de 30 cm des Yamaha, c’est donc une évolution majeure qui n’était à l’origine qu’une option.

L’avantage est net car les HP de grave des Yamaha étaient sollicités pour reproduire le grave et bas grave, attaquant sérieusement le X de ce HP qui n’est pas particulièrement conçu pour faire de l’infra, mais que se retrouve particulièrement sollicité par tous ces nouveaux enregistrements à forte dynamiques, dont les plongées dans l’infra sont nombreuses en écoute HiFi (en cas d’écoute pour le plaisir de morceaux de jazz ou autre)

Ainsi isolé de ces fréquences nuisibles pour le reste du spectre fréquentiel, le 30 cm se retrouve dans son programme d’utilisation optimum, en parfaite conformité avec ses T&S.

Synoptique

L’installation à un programme triple, enceinte de contrôle, c’est leurs missions premières.
Pour le controle, il faut une neutralité absolue, une réponse en fréquence parfaite de bas jusque haut…
Igor profite évidement de son système pour des écoutes de loisirs en Hifi et en concert vidéo / Home Cinéma.

Il y a en tout 4 enceintes Yamaha NS-1000x, 2 en frontale et 2 en parfaite opposition en voie arrières.

En studio et en Hifi, c’est évidemment les frontales qui jouent seules, avec les SUB, qui sont maintenant intégrés en voies infra grave.

Ce n’est qu’en mode HC ou la paire arrière est activée.

L’ampli HC Marantz fait les décodages de flux audio et la première conversion N/A.

La suite du système est assez complexe car toute la technologie moderne est à poste :
EQ (égalisation par convolution) dans un OPEN DRC, traitement des 2 voies arrières dans un mini DSP, filtrage en FIR phase LIN à pente raide dans le fabuleux filtre actif au format rack… l’Electrovoice DX 46…

Tout ceci est piloté par un PC portable avec lequel on jongle d’un programme propriétaire à l’autre, en fonction de la partie hardware à programmer.
Un fois sauvegardé, le PC est débranché et les filtres sont autonomes.

On sent bien que les différentes couches matérielles se sont installées au fur et à mesure de l’évolution du système, avec une complexité qui n’est pas celle prévue à la genèse du projet.

L’ergonomie en prends un coup et j’ai mis un peu de temps à comprendre qui fait quoi dans cette installation complexe.

Tout est logique mais ça pourrait être plus simple, même si l’influence de cette complexité n’a pas grande emprise sur le résultat final, mais c’est sans doute perfectible pour cause de conversion N/A multiple et de « chaîne des gains » ultra complexe.

C’est un sujet de réflexion qui pourra être abordé quand le système aura trouvé son régime de croisière et lorsque la chaine des gains sera parfaitement réglée, compte tenu de la complexité du circuit, c’est un sujet primordial !

Tous ceux qui font du filtrage FIR et qui ne veulent pas de PC en tant que source dans leurs système, sont plus ou moins en attente d’un DAC / préampli polyvalent, offrant suffisamment de Taps pour pouvoir faire de la Hifi et du HC, sans se retrouver à piloter l’électronique d’un Airbus !
Chaque chose en son temps donc… le futur nous offrira ce dont nous rêvons !

Système à l’écoute :

Grosse surprise pour moi, je pensais qu’Igor était un auditeur calme en HiFi… Je m’attendais à quelque chose de paisible, des voix et des instruments isolés à niveau discret, dans le droit fil d’une écoute analytique du parfait hifiste…

Il n’en est rien !!!
Lorsque Igor écoute un piano, si les enceintes sont à 2,5 mètres, le niveau d’écoute du piano se fait…comme si le piano était à 2,5 mètres dans la pièce !

Ca ne marche évidement qu’avec des instruments peu puissants ou des voix, il ne s’agit pas de reproduire un orchestre symphonique à 3 mètres, on recherche le plaisir et le réalisme, pas la surdité !

Dans ces conditions, l’écoute est sensationnelle, le matériel est particulièrement engagé dans ce combat et ce n’est pas pour me déplaire car c’est aussi ma démarche !

L’acoustique mange 3 à 4dB, et ça marche bien !
On est, en fonction des instruments et de la dynamique des prises de son… entre 80 et 110 dB dans les attaques, le tout avec pour objectif premier de rester en qualité Hifi !!!

A ce jeu, les Yamaha NS-1000x font le boulot, surtout depuis l’ajout des caissons et du passe haut sur les woofer carbones, grandement soulagés !

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L’écoute à haut niveau est moins fulgurante que chez Wakup2 (voir CR sur son installation), car les composants mis en œuvrent ne sont pas les mêmes, des transducteurs aux amplificateurs.

Chaque système correspond à son cahier des charges et à sa cible SPL.
Nous sommes ici sur un système de monitoring qui à une très grande finesse, pas devant un système avec moteur de compression.

Les rendements dans le haut médium et l’aigu ne sont pas les mêmes : 115dB 1w/m pour la Tad 2001 contre 94 dB pour le focal Béryllium et le médium béryllium de la NS-1000x modifié chez Igor, les sub ne sont pas non plus du même calibre.

L’objectif premier de ce système, ne l’oublions pas, c’est de faire du contrôle sur des enregistrements de musiques classiques, sur des voix et autre… Dans ce registre, ce système fait merveille.

Sur le plan qualitatif, il est difficile de comparer les installations comme celle de chez Wakup, de chez Speedbad ou chez moi, car pour comparer un système, il faudrait le faire dans un même lieu…
Et comme chez Igor, la pièce est tout spécialement dédiée à l’écoute musicale de par son acoustique… le résultat final en terme de propreté, de neutralité et de finesse est au top !

Avec une salle comme celle-ci, tant que l’on reste dans les limites des Yamaha, c’est propre et c’est compliqué de faire mieux en terme de focalisation et de spatialisation, ainsi que dans l’articulation du grave, les effets si bien connus d’une pièce traitée, que l’on ne retrouve que dans ce type de pièce.

Ces caractéristiques de scènes sonores ne peuvent être trouvées que dans ce type de salle et comme dit Igor depuis des années, la pièce est le premier maillon de la chaine et ce maillon est de loin… le plus important.
Son système est la meilleure représentation de cette philosophie.

Avec une salle comme celle-là, avec ce volume et cette acoustique, il est possible d’écouter comme le fait Igor, en reproduction musical Hifi à niveau réaliste.

Les attaques de batteries claquent avec une propreté redoutable.
L’ensemble du spectre passe à merveille, c’est bon et on a envie de monter encore le son, la pièce l’accepterait, alors que le système tend le flanc à un début de distorsion, nous sommes au-delà de la cible SPL pour lesquelles ces Yamaha NS-1000x ont été conçues… Des niveaux déjà sérieux.

L’écoute de ce système est un bonheur, c’est franc et homogène.
Les voies et les instruments sont bien placés sur la scène sonore.
Cette spacialisation provient principalement de l’acoustique de la pièce, mais aussi du travail fourni par le tandem Igor et Jean Luc OHL qui, en spécialiste de la mesure, n’est pas avare de son temps dans sa participation sur les améliorations de ce système.

La courbe de réponse via l’EQ par convolution tient dans un dé à coudre et comme il n’y a pas de modes poussif très brutaux grâce au traitement acoustique de la pièce, ça se passe assez facilement, avec seulement 2 modes principaux qui poussent à 5 ou 6 dB sous les 60Hz uniquement, rien de très lourds donc !

On enchaine les morceaux… Igor vient de me sortir la playlist d’un autre foromeur, Tonton flingueur, dont les morceaux sont des projectiles musicaux, que des transducteurs moins performants, peineraient à passer la dynamique : Musica Nuda – Roxane, The O-Zone Percussion Group, puis en enchaine avec Yello – The race, Lana Del Rey, Yellowjackets – géraldine, Dianna Krall, Asaf Avidan – Good Girls Are Falling Apart, The Acid – clean…etc…
On écoute aussi des chants en voix seules, un peu de classique etc…

Les morceaux s’enchainent, les styles musicaux, les voix, les instruments, toujours cette fameuse lisibilité.

On passe en mode HC pour finir ces longues séries d’écoutes, on joue avec le système que je découvre, on fait des réglages et des mesures, on écoute encore les mêmes morceaux pour voir si petites amélioration il y a ou pas, on aura vraiment écouté de tout, alors que l’après midi se termine !

Conclusion : Une salle à l’acoustique exceptionnelle pour la Hifi, l’un des meilleurs endroits que j’ai pu entendre, dédiés à la Hifi chez un particulier.

Les Yamaha NS-1000x sont performantes, leurs statuts de légende n’est pas volé, surtout lorsqu’elle sont optimisées, avec un filtrage actif (en FIR, dont un beau brick Wall entre le tweeter et le médium Béryllium).
Le HP de médium à dôme Béryllium est de toute beauté et la membrane carbone du boomer claque de raideur sous les pichenettes de mon index !
Les saladiers de ces HP sont en alu poli du plus bel effet et la précision de l’usinage ainsi que des empreintes dans les face avants respirent plus la fabrication unitaire dans les ateliers de menuiserie dédiés, que des enceintes de grande production.

L’installation à encore un gros potentiel d’évolution devant elle, un boulevard même.

En respectant la cible SPL du système actuel, nous sommes parmi ce qui se fait de mieux.
Ce sera encore mieux lorsque les voies d’infra seront parfaitement calées, l’essentiel y est déjà, mais en Hifi, lorsque l’on joue dans la catégorie ultime, la recherche de la perfection est le but…
Les 5% de parcours restants serons donc un plus !

Merci à toi Igor pour ton accueil, j’aurai volontiers passé encore plus de temps, mais je reviendrais avec plaisir !

 

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